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Le crépuscule de l’amour

Au firmament, ta robe d’or rayonne de grâces Irradiant les âmes amoureuses de tes lumières Ton sourire d’ange à la flamme sainte et vivace Trône dans le ciel sans émule, immortel et fier.
Trésor jamais conquis par les rois et les tyrans Ni par les alchimistes, sur leur œuvre, affalés Seul apprivoisé par des poètes et des amants Sans magie noire ni science des esprits initiés.
Regarde-les envahir les rivages et les falaises Le cœur débordant de passion pour ton repos Epris et admirant l’horizon à l’éclat de braises Lorsque ton feu se noie sur l’azur en anneaux.
Joyau de la création, tu emplis le ciel d’émois Et les univers se parfument de tes radicelles Tu renais dès l’aube aussi jeune qu’autrefois Moi, au crépuscule, j’irais au silence éternel.
Mon amour trépassera ce soir, m’est-il écrit A la lumière de ton coucher incandescent Il s’en ira vaincu par la pénombre de la nuit Et périra d’avoir aimé, crédule et innocent.
Comment en serait-il autrement, mon roi ? Toi qui tiens ma chair à bout de flammes ! Com…

Toi …

Toi et ta tendresse Tes chairs de maitresse Tes voluptés et tes ivresses Le fouet de ton sourire en caresse.
Je veux sentir que je suis ton âme-sœur Toi qui as ressuscité mon défunt cœur Effacé mes doutes et ma torpeur Et attisé toutes mes fureurs.
Te sentir si proche de moi Ton corps creuset de mes émois Effleurer du regard tes cils de soie Esseulé, de la tourmente je suis la proie.
Triste, tu me noies dans des hivers en larmes Emprisonné dans des saisons sans charmes Combattant seul sans armures ni armes Mon âme affligée se teint de parme.
Mes lèvres sur tes blessures en sang Mes mains sur ton buste délirant Enfiévrés, fous et rêvant D’étreinte en amants.
Ta douce voix en murmure Qui guérit peines et blessures Qui panse plaies et viles cassures Et change le noir destin en enluminure.
Je blasphème et abjure tous mes grands saints Avec mes démons aux sombres desseins  Lorsque, sans toi, j’entrevois ma fin Sevré du miel de ton sein.
Ton odeur est clémence Ton souvenir se fait évanescence Lorsque désir et fla…

… Emeraude

Il avait l’habitude de perdre haleine Ahanant sur un monticule pierreux De toute sa vigueur mais sans haine Au burin domptant les bris rocailleux.
Au sommet de ses espoirs printaniers L’homme était revenu de ses illusions Il taillait de ses mains de vieux carrier Des pierres dont s’édifient les maisons.
Il n’avait d’yeux que pour son marteau Et ne prit garde à une espiègle bergère Qui menait paitre au loin son troupeau Semant près de lui une aura de mystère.
Un jour qu’une agnelle passa près de lui Lui frottant le dos de sa cotonneuse laine Il s’immobilisa levant son regard qui luit Sur une silhouette aux prunelles d’ébène.
La soie de ses cheveux aériens et drus Tombait comme des pluies inespérées Sur son visage joyeux et toujours ému De recevoir la lumière en grosse giclée.
Le lendemain, dès la naissance de l’aube Il épousa le chemin de la grande carrière Pour y dénicher une roche à la belle robe Et en faire une œuvre dont elle sera fière.
Debout, en caressant cette chair si dure De ses mains assoiffées et t…

Un oiseau à la fenêtre

Un jour, se tutoyant devant son miroir
Une femme sursauta dans sa rêverie
Brisant le songe dans sa tour d’ivoire 
De sa fenêtre parvint un timide bruit.
***
Oh ! être magnifique, fit la petite voix
Qui fais lever le jour de ton doux regard
Je viens à toi en messager de bon aloi
Pour t’apporter le signe de tant d’égard.

On te dit mystérieuse, parfumée de joie
Et du printemps, tu es l’unique jumelle
Astres, fleurs et animaux des sous-bois
Te prient de régner sur la terre et le ciel. 

La nature est affligée d’un sort maudit
Et voit son sein lacéré par les démons
Ils la blessent le jour et même la nuit
Et démontent la course de ses saisons.

Viens, ô belle déesse des temps perdus
Recoudre la soie des cieux déchiquetés
Nous offrir des destins tendres et émus
Renouer les fils des passions émiettées.

Assécher les larmes et raviver la rivière
Caresser les prairies de tes cils fabuleux
Emmieller les flammes de nos misères
Guérir de ton baiser nos corps fiévreux.
***
Petit être aux plumes d’opales satinées
Qui frappe à ma…

Des jours où ...

Il y a des jours dénués d’allégresse Où la joie se tue à être éphémère Portant à mon cœur un goût amer Y accrochant ses serres traitresses. Des jours où j’écris et cris en silence Pourquoi hier et comment demain? Pleurant ta chaleur quittant ma main Écrasé, je me soûle de tes absences. Des jours où l’ivresse m’est salutaire
Mon cœur se gorgeant de tes larmes
Enfant balbutiant devant tes charmes
Maudissant mon sort de fou solitaire.

Des jours où l'on se dit à soi, mortifié
Oh remord, que ne l’ai-je aimée hier,
Car demain git sans vie au cimetière,
Et qu’importe, d’amour ou d’amitié ?

Des jours, lorsque je te quittais le soir,
Je me sentais brisé, damné et inhumain
Orphelin et sevré de ton sourire divin
Je m’abime, nu vers mes purgatoires.

Des jours où tu t'éclipses du regard
Comme le soleil qui se laisse choir
Goutant le trépas sur le bleu miroir
Dans la chaire d’un horizon blafard.

Des jours portant la rime en manifeste
Pour t’avouer, toi ma fleur printanière
Que mon rêve s’évanouit en po…

La souffleuse de verre

Par une nuit d’hiver, brumeuse et larmoyante Perdu parmi les frênes et les cerisiers sauvages Aveuglé et marchant sur des terres fumantes Le pas dévalant bosquets et obscurs paysages.
Le cœur serré en quête de l’introuvable refuge Que des livres peignent depuis les temps jadis Abri qui protège de l’œil du Malin et du déluge Et transforme l’hère en Apollon ou en Narcisse.
L’écriture dit : « Vas cette nuit dans le bois pour quérir l’éclat, Qui, de loin est comme le soleil au firmament, Mis sur ta chair, il se mue en milliers de najas Mais à bonne distance te couve tendrement.»
Drapé dans ces versets et grisé par ma fièvre Je poursuivis mon chemin par vaux et ravins Me faufilant entre les cyprès et les genièvres A l’affut du moindre signe du grand destin.
Soudain, la forêt disparait sous mes yeux Et pousse une clairière bordée de fleurs D’une maisonnette abritant de vifs feux Se lançait au ciel une volute pleine d’ardeur.
Depuis une vieille porte bâtie de bois flétri J’aperçus une femme,…

Nudité de l’Orchidée

Une nuit, je me suis perdu en rêve Assailli par les flots de mille désirs Englouti dans une vaporeuse sève Qui féconda mes indicibles délires.
Les yeux clos par l’onirique évasion Je me suis endormi sur une ondée Me berçant vers l’ile aux passions Sur des airs enivrants et chaloupés. Sur le rivage où échoua mon âme Je la vis émergée parmi les fleurs Une crinière soyeuse en oriflamme Amarante et exhibant ses saveurs. Captivé par le velours de son écorce Ses épaules dévêtues sous les franges Je brulais d’envie bien que sans force De défaire ce qui lui restait de langes.
Mes yeux sillonnèrent son corps suave Et dévoilèrent des espaces ensorceleurs Des délices qui s’offraient sans entraves A mon regard enivré de chaudes senteurs.
La grisante plante irradiait ses lumières Ses pétales teints d’aurore et de muscat Pour cueillir suppliques et mille prières Émises du poète sans dieu et du prélat.
Parmi ses chairs je me suis abandonné Me nourrissant d’offrandes sensuelles Jouissant de ces…